Publié le

Dispositifs interactifs : un changement de posture pour les enseignants

Education numérique université écran interactif

Au sein de l’école, les rôles traditionnels ont longtemps été parfaitement clairs. L’enseignant, détenteur du savoir, transmettait magistralement les connaissances à ses élèves. Le travail de ceux-ci était d’assimiler les connaissances et d’effectuer les exercices demandés. Dans cette organisation, la transmission du savoir se faisait de manière verticale : depuis l’enseignant vers les élèves.

Mais l’école est en pleine métamorphose. Les pratiques pédagogiques connaissent un renouvellement majeur, qui transforme en profondeur le schéma scolaire traditionnel. Ces transformations sont encore accélérées par l’installation, inéluctable, des nouvelles technologies sur les bancs de l’école.

Les bouleversements provoqués au sein des salles de classe, à tout niveau scolaire, affectent profondément les enseignants. Ceux-ci sont en première ligne : ils doivent apprendre à enseigner différemment, à mobiliser de nouveaux outils et à se renouveler en permanence pour suivre un monde qui change à toute vitesse. Le métier de professeur, plus que jamais, a besoin de se redéfinir.

Alors, quelle est la place de l’enseignant au milieu de ces mutations ? Quelle posture adopter, afin de continuer à apporter, le mieux possible, cet enseignement scolaire dont les élèves ont tant besoin ?

Adopter une posture de guide et établir un rapport de confiance avec les élèves

 

Si les méthodes magistrales perdent du terrain, c’est bien qu’elles ont perdu de leur efficacité. L’attention des enfants – et des adultes ! – recule : il est difficile de rester concentré sur un apprentissage, assis dans une salle de classe pendant des heures, alors même que les potentialités de divertissement, en dehors de l’école, sont si grandes. Pour sauver l’éducation scolaire, pour maintenir l’école dans son rôle fondamental de transmetteur de savoir, la pédagogie est au centre de toutes les attentions.

C’est donc aux professeurs qu’il revient de diversifier leurs méthodes. De faire place nette aux pédagogies dites actives : de mettre les élèves au cœur de leur processus d’apprentissage, c’est-à-dire de leur apprendre à apprendre. Ces méthodes actives ont fait leurs preuves : étudiées depuis des décennies par de célèbres pédagogues (Maria Montessori ou Célestin Freinet), elles ont été validées par des recherches en neurosciences (Stanislas Dehaene). Leur intérêt pédagogique est donc prouvé. Il ne reste « plus qu’à » les mettre en œuvre. Et les dispositifs interactifs se présentent comme des alliés de choix face à ce défi. 

Désormais, l’objectif des enseignants est de faire travailler la curiosité des élèves : leur proposer des problèmes à résoudre, des projets à construire, en plaçant défis et mystères sur leur route… Les enseignants doivent donc tout à la fois repenser ce qu’ils enseignent et comment ils l’enseignent. Il ne s’agit plus seulement pour eux de transmettre du contenu, mais aussi d’enseigner à étudiants comment trouver ce contenu par eux-mêmes.

En somme, c’est une posture de guide que les professeurs doivent adopter. C’est bien là tout l’enjeu du changement de posture des enseignants : ils ne sont plus là pour verser du savoir sur leurs élèves, mais pour leur apprendre à découvrir ce savoir par eux-mêmes. Les professeurs doivent montrer la voie : grâce à leurs nouvelles manières d’enseigner, ils guident les élèves à la découverte d’eux-mêmes.

Le professeur se dote d’une nouvelle casquette : il est désormais accompagnateur. Il fait un véritable travail d’orientation : il aide les élèves à découvrir quels sont leurs intérêts, quelles sont leurs compétences, comment s’exprime leur créativité. Son objectif est de créer un rapport de confiance avec ses élèves, pour leur permettre de s’épanouir.

A travers ce changement de posture du professeur, qui n’est plus uniquement figure d’autorité et de savoir, mais guide de confiance, c’est un nouvel écosystème scolaire qui se met en place. La classe est un lieu plus ouvert, toujours centrée sur l’apprentissage, mais en enrichissant celui-ci d’un univers de connaissances riche et varié.

Education numérique lycée matériel informatique

Plus que jamais, prendre une posture d’apprenant

Traditionnellement, l’enseignant a davantage de connaissances que celui à qui il enseigne. C’est cette posture surplombante qui lui permet de transmettre son savoir, d’éduquer son élève. Or, face aux nouvelles pédagogies et aux technologies qui les accompagnent, la plupart des enseignants se trouvent démunis. La situation peut même s’avérer plus complexe : dans une classe, il arrive que ce soient les élèves qui sachent plus que leurs enseignants, surtout quand il s’agit de technologie !

Dans ces conditions, adapter sa pédagogie peut ressembler à un véritable parcours du combattant pour les enseignants. La formation continue des enseignants a toujours été nécessaire pour qu’ils puissent suivre les évolutions de leur métier. Désormais, elle est absolument fondamentale, en cette période de bouleversement de l’éducation. 

De la même manière que l’éducation des enfants se fait désormais sur un modèle de recherche, la formation des enseignants s’inscrit dans une démarche expérimentale et contributive. Confrontés à de nouveaux enjeux, les professeurs doivent s’adapter pour renouveler et inventer en continu leurs pratiques pédagogiques.

Heureusement, il existe de nombreuses ressources pour aider les enseignants à faire face aux défis que doit relever l’éducation scolaire. Pour les aider à adopter, plus que jamais, une posture d’apprenant.

D’abord, il est fondamental que les professionnels de l’éducation – ce qui n’inclut pas uniquement les professeurs – puissent se former aux usages du numérique. Une base très importante de ressources est accessible en ligne, elles sont aussi mises à la disposition des enseignants par l’éducation nationale par l’intermédiaire des établissements scolaires.

Ces ressources, sous la forme de documents de formation écrits et vidéos, sont souvent accessibles depuis l’espace numérique de travail (ENT) personnel des enseignants.

Ensuite, il ne faut pas négliger l’importance de l’autoformation. Renouveler ses scénarios d’enseignement, être capable de s’adapter aux enjeux de chaque classe, sont les défis que les professeurs acceptent chaque jour de relever. Le plaisir d’enseigner trouve de nouvelles expressions à travers l’usage méthodes novatrices. Les professeurs apprennent à participer à construire le savoir de leurs élèves et non plus à se cantonner dans une position de transmission.

Ce plaisir renouvelé de l’enseignement se paire d’un plaisir apprendre. Faire le choix du métier d’enseignant, c’est choisir de toujours continuer à se former, à apprendre. Face aux nouveaux défis posés par les technologies, l’engagement d’un enseignant pour la formation permanente trouve toute son expression.

Enfin, il est important d’avoir recours à un excellent prestataire, capable de fournir une formation de qualité. La maîtrise des outils numériques n’est innée pour personne – même les élèves si agiles avec eux sont passés par une phase d’apprentissage. Apprendre à les utiliser pour les enseignants implique d’avoir recourt à une formation.

Les bénéfices sont multiples : en faisant appel à un prestataire, la formation sera rapide, productive et profitable. Les enseignants pourront se familiariser avec les nouveaux outils indispensables à la salle de classe, et accroître la qualité de leurs cours.

Repenser les méthodes d’enseignement à l’ère du numérique

Mettre la collaboration au cœur du système éducatif et formateur

Jamais les enseignants ne sont seuls : au sein des établissements, ils collaborent quotidiennement avec de nombreux collègues professeurs ou responsables d’administration. En dehors des établissements dans lesquels ils travaillent, ils appartiennent à un très large corps éducatif. Et plus que jamais, leur posture d’enseignant leur demande de mutualiser leurs ressources.

Les pratiques pédagogiques qui s’installent progressivement au sein de la classe accroissent le dialogue entre les différentes matières scolaires. En effet, l’interdisciplinarité est au cœur de l’apprentissage vivant, elle est fondamentale pour tisser des liens entre les différents domaines de la vie. L’interdisciplinarité permet de réfléchir de manière créative, en faisant appel à un panel de connaissance élargit.

L’apprentissage se fait de manière plus holistique, moins segmentée. Les collègues enseignants, qui souvent partagent les mêmes salles de classes dans le secondaire, doivent apprendre à créer les leçons en commun. Ils doivent réinventer leurs espaces, leurs pédagogies, pour faire évoluer l’environnement scolaire.

Les usages des outils numériques et de fichiers multimédias facilitent ce dialogue entre les matières. Ils permettent de développer des synergies aux bénéfices innombrables.

La collaboration entre enseignants ne se limite pas à l’éducation de leurs élèves. Elle leur permet, à eux aussi, d’enrichir leurs cours. Grâce aux outils numériques, il est de plus en plus aisé pour les professeurs de partager leurs ressources. On peut imaginer l’utilisation de plateformes collaboratives dédiées à l’enseignement, sur lesquelles les professeurs partageraient leurs méthodes et se compléteraient les uns les autres.

Cette collaboration peut aussi avoir lieu au niveau de la formation des professeurs – indispensable au cours d’une carrière. Les enseignants seraient alors formés par leurs pairs, d’autres enseignants qui maîtriseraient le sujet de la formation. Les possibilités offertes par le numérique permettent d’envisager des formes hybrides, alliant à la fois des rencontres physiques et d’e-learning.

La formation ne demanderait plus la présence de l’enseignant, pendant quelques jours, mais pourrait se tenir à distance, et sur le long terme. Des MOOC (classes à distance) peuvent être créés, tout comme des cours ludiques et engageants.

Les professeurs voient donc se développer sous leurs yeux les moyens de porter l’entraide entre collègues à un niveau supérieur. Leur posture en tant que membre du corps enseignant, devient celle d’un chaînon du maillage dense que permettent de créer les dispositifs numériques.

 

Le métier de professeur est extrêmement riche. Il est aussi un véritable défi, et ceux qui s’y engagent savent que leur carrière sera faite de multiples aventures et bouleversements. Les outils numériques sont d’important facteurs de transformation. Ils permettent aux enseignants de métamorphoser leurs métiers, sans doute pour le meilleur.

Les liens avec les élèves se tissent sur un rapport de confiance. Le soutien collaboratif des autres professeurs s’enrichit et s’approfondit. Pour mettre en place toutes ces bonnes choses, il suffit d’apprendre à mobiliser les nouveaux outils. Et la formation n’a jamais fait peur aux enseignants !