Publié par Laisser un commentaire

Le digital, enrichissement du rôle du visiteur au sein des musées

borne tactile musée enrichissement expositions

Le rôle des visiteur.use.s au sein des musées s’est fortement renouvelé. La cause ? L’arrivée massive des dispositifs digitaux au coeur des musées. L’expérience s’est trouvée modifiée, modernisée, tout en conservant l’âme et l’identité de chaque musée. Le but du digital et de ses dispositifs, ce n’est pas de dénaturer le musée, comme certain.e.s le laissent entendre, mais bel et bien de lui apporter une autre valeur et de modifier le rôle des visiteur.use.s.

Le mécénat grâce au digital

Via le digital, les visiteur.use.s peuvent désormais prendre la position de mécènes et de contributeurs du musée. C’est un rôle important, car il a pu paraître, au cours de ces dernières, que le musée était en perte de vitesse.

Le Muséum d’Histoire Naturelle, le MNHN a lancé en 2014 une initiative de crowdsourcing, visant à mieux comprendre comment observer et protéger les oiseaux. Le Birdlab est une opération de sciences participatives, qui allie jeu et observation, sur smartphone. De la même manière, le National Museum History London a lancé une application mobile, qui permet aux utilisateur.ice.s de recenser la diversité végétale, au Royaume-Uni.

Également en 2014, la Smithsonian Institution a lancé son « Transcription Center », qui permet aux volontaires de corriger les manuscrits. Quelques mois plus tard, la BNF a mis en place la plateforme Correct, qui a attiré près de 250 correcteurs en un mois, afin de corriger une partie des anciens manuscrits de Gallica. Grâce à ces plateformes, les volontaires peuvent participer au musée et à la conservation des documents.

Les visiteur.use.s peuvent également participer financièrement à la préservation des musées. Que ce soit pour rénover des espaces, financer des sites web, ou rénover des oeuvres, les musées se sont de plus en plus tournés vers le public pour les aider dans le financement de ces travaux. Par exemple, la fondation VMF a lancé deux collectes, « Fous de patrimoine », avec la plateforme de financement participatif Ulule.

La gamification au sein du musée

Autre concept, outils différents : grâce à certains dispositifs, les visiteur.use.s se retrouvent au sein de jeux à l’intérieur même du musée. C’est une désacralisation nécessaire de l’espace du musée, qui a été très efficace.

Destinés au public junior des musées, les projets Muséosphère et Zigomar de Paris Musées Juniors est un bon moyen d’intéresser les plus jeunes au musée, et les inciter à apprécier cet espace, en le voyant d’une manière un peu différente, mais toute aussi valide. La gamification permet de moderniser le musée, mais cela reste un musée !

À l’occasion de l’exposition « Made in USA », The Philipps Collection a permis, grâce à l’application « uCurate » de créer leurs expositions virtuelles, en ligne. De cette manière, les visiteur.use.s entrent dans la peau d’un.e commissaire d’exposition, et de créer, à leur guise, leur propre exposition.

Quelques projets ambitieux ont été mis en place dans le courant de l’année 2014-2015, en France. Termita de inMedias, « Sauvons le Louvre » par FTV Education, et Ofabulis en partenariat avec le CMN se sont révélés les plus intéressants. Le mot d’ordre ? « Serious game ». Ces « jeux sérieux » permettent de découvrir des monuments ou des oeuvres, de manière ludique, mais en apprenant des choses. Le public visé n’est pas seulement les plus jeunes, mais bel et bien tous les intéressé.e.s.

La visite dématérialisée

Autre manière d’enrichir le musée, c’est la dématérialisation du musée, grâce à des visites à distance, en immersion, ou encore via des outils digitaux qui permettent d’éduquer de manière différente les visiteur.use.s.

Au Château d’Oiron, les robots se sont installés. Le principe, c’est un robot doté d’une caméra, qui permet aux visiteur.use.s à mobilité réduite de pouvoir explorer le Château à leur guise. Dans la même idée, le robot italien Virgil du Château Racconigi permet aux intéressé.e.s de visiter le musée à distance.

L’impression 3D a également trouvé sa place dans les musées. Au Museum d’Histoire Naturelle de New York, un groupe d’élèves a reconstitué le squelette en taille réelle, d’un dinosaure, entièrement grâce à l’impression 3D. La Cité de l’architecture, dans une autre mesure, a mis à disposition une maquette (miniature) du Mont Saint Michel, réalisé en 3D.

Enfin, les outils d’immersion ont trouvé leur résonance au sein des musées. À Aix, à la Galerie Phoebux, le casque de réalité virtuelle Oculus Rift immerge les visiteur.use.s dans le musée grâce à la réalité augmentée. Au Musée de Cracovie, des salles immersives ont été mises en place, afin d’explorer l’exposition médiévale d’une manière innovante.

Le digital a permis de nombreuses choses à l’intérieur des musées. Que ce soit pour oeuvrer pour la rénovation et la préservation des espaces, pour faire participer les individus dans les ressources disponibles, ou encore pour les immerger différemment dans les lieux, les outils du digital ajoutent une vraie plus-value au sein des musées. Le rôle des visiteur.use.s se voit ainsi enrichi, pour le mieux !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *