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Transformer la salle de classe à l’heure du numérique

Transformer la salle de classe à l’heure du numérique

Autour de la salle de classe, le monde se transforme à toute vitesse : les nouvelles technologies sont toujours plus rapides et surtout toujours plus présentes dans le quotidien. Les enfants prennent en main très tôt ces outils digitaux. Le numérique désormais partie intégrante de leur développement.

Jusqu’ici, rien de nouveau ? Mais pourtant si : la salle de classe, lentement mais sûrement, se transforme pour épouser les changements que connaissent ces générations qui se succèdent et se ressemblent de moins en moins. Les enjeux sont de taille : parvenir à utiliser de nouveaux outils de manière pertinente pour capter l’attention des enfants et créer de nouvelles dynamiques d’apprentissage, tel est le défi à relever pour l’école en ce début de décennie. Et c’est sur le numérique que tous les regards sont braqués.

Voici un panorama des nouvelles pratiques pédagogiques qui font du numérique l’allié privilégié de la vie scolaire.

La révolution dans le schéma traditionnel de la salle de classe

Des pupitres alignés. Le bureau du professeur, juché sur une estrade, leur fait face. Derrière le bureau, le tableau noir et ses craies. Cette image fait sourire tant elle semble déjà dépassée !

L’organisation physique des salles de classe est en cours de profonde transformation : de nouvelles pédagogies trouvent le chemin de l’école, et elles impliquent de repenser l’espace physique dans lequel les élèves étudient. Ces pédagogies novatrices sont salvatrices : la prolifération des écrans dans la vie quotidienne a eu des conséquences sur l’attention des enfants et sur leurs manières d’apprendre. L’école contemporaine doit réussir à capter leur attention et à la garder, en proposant notamment des méthodes d’enseignement davantage ajustées aux besoins des élèves.

Les transformations physiques de la salle de classe ont comme objectif de soutenir le développement de compétences essentielles dès le plus jeune âge : l’entraide, l’autonomie, l’esprit critique.

Voici quelques pistes pour repenser le modèle de la salle de classe.

Pour les plus jeunes, la classe flexible permet de modifier l’agencement de la salle et de favoriser le mouvement des élèves. Dans ces classes flexibles, les chaises traditionnelles sont remplacées par des assises variées et mouvantes, comme des ballons de Pilates ou des poufs. Les tables aussi sont mobiles : elles se transforment pour s’adapter aux activités de la classe, elles sont aussi amovibles en cas de besoin. Ce mobilier créé une classe sur-mesure, que les élèves sont libres de modifier – en accord avec leur professeur – et surtout dans laquelle de nombreux types d’activités sont bienvenus.

Dans une classe flexible, les enfants peuvent travailler en groupe et créer différents espaces de travail. Ils ont aussi davantage libres de leurs mouvements, car tenir la position assise est souvent difficile sur le long terme. Comme tous les professeurs en ont déjà fait l’expérience, permettre aux enfants de remuer, dans le cadre de certaines limites, est en réalité bénéfique à leur concentration ! 

Un autre type d’agencement, dans une classe au mobilier plus classique par exemple, est la disposition en îlots qui peut se pratiquer chez les plus jeunes comme chez les plus âgés. Dans cette configuration, les tables sont regroupées pour former de petits îlots. Les élèves sont alors placés selon les critères qui semblent judicieux à leur professeur : par points forts complémentaires pour qu’ils puissent s’entraider, ou alors parce qu’ils rencontrent le même type de difficulté, ou encore tout simplement par affinité.

Ces îlots forment de petites classes autonomes au sein desquelles les élèves travaillent en coopération. En fonction des exercices demandés, ils peuvent s’entraider : travailler individuellement en se venant mutuellement en aide ; ils peuvent aussi collaborer, pour un travail commun par exemple ; et enfin ils peuvent mettre en place un système de tutorat dans lequel un élève avancé assiste un élève en difficulté. Grâce à ce système qui créé des groupes plus ou moins indépendants, les élèves progressent ensemble, ils apprennent à la fois le travail collectif et développent davantage d’autonomie. Ils apprennent à mieux se connaître et gagnent confiance en eux.

Toutes transformations physiques servent le même objectif : rendre les élèves plus autonomes et surtout plus concentrés pendant les cours. En effet, capter l’attention toujours plus volatile des écoliers comme des étudiants est tout l’enjeu de la classe contemporaine.

Pour créer davantage d’implication, les technologies sont les stars des nouvelles pratiques pédagogiques dans ces classes aux enseignements en pleine mutation.

Transformer la salle de classe à l’heure du numérique

Le numérique, moteur de l’apprentissage par l’action pour les plus jeunes

Les outils numériques permettent d’aborder les cours dans un autre format. Comme les classes mobiles, ces outils aident à capter l’attention des élèves et à la maintenir en leur proposant d’autres formes d’apprentissage. Le numérique, grâce à la variété des supports qu’il propose, permet de toucher un maximum d’élèves : certains ont une mémoire visuelle, d’autres ont une mémoire plutôt auditive.

Responsables de la perte d’attention et de la divulgation de n’importe quel type d’information, les technologies numériques sont également la solution à ces problèmes. L’école se les approprie progressivement, pour développer l’esprit critique des jeunes et parvenir à maintenir leur intérêt pour les leçons qu’ils reçoivent en cours.

D’intéressants nouveaux modèles de classe mettent les technologies numériques au centre de leurs pédagogies.

Parmi ceux-ci, la fameuse classe inversée gagne en popularité. Il s’agit d’inverser le fonctionnement de l’apprentissage : les élèves étudient leurs cours chez eux et font les exercices en classe, ensemble ou individuellement. Le principe est toujours le même : travailler en classe permet aux élèves de développer des compétences collaboratives et de gagner en confiance et en autonomie. Chez eux, ils étudient grâce à ce que l’on nomme des « capsules » qui rassemblent numériquement plusieurs ressources : des vidéos, des textes et même des livres, les supports sont variés et ludiques !

La classe inversée a pour objectif de libérer du temps en classe pour l’apprentissage par l’action : les élèves ont plus de temps pour faire des exercices et approfondir les enseignements qu’ils reçoivent. Cela permet également à leur professeur de leur venir en aide plus minutieusement. Celui-ci a davantage de temps à consacrer aux difficultés de sa classe, il connaît mieux ses élèves et leur propose un enseignement au plus proche de leurs besoins. C’est presque une personnalisation de l’enseignement qui est permise par la classe inversée !

Un autre modèle, très semblable à celui de la classe inversée, s’appelle la classe accompagnée. Une différence notable sépare les deux : il ne s’agit pas d’apprendre ses leçons à la maison et de faire ses devoirs en classe, mais de tout faire en classe. Tout faire en classe, mais seul ! Les élèves apprennent leurs cours et travaillent en toute autonomie. Ils ont un objectif : mener à bien un projet final, sur plusieurs séances. Pour ce projet, ils doivent trouver des ressources par eux-mêmes et faire des exercices concrets – le fameux projet qu’ils doivent réaliser. Ils prennent leurs décisions par eux-mêmes et sont libres de demander conseil les uns aux autres ou à leur professeur.

Dans ce modèle de classe, le numérique joue un rôle prépondérant. Les élèves ont accès à toutes les ressources pédagogiques qu’ils souhaitent : des livres, des jeux et évidemment les accessoires numériques – les tablettes, les lecteurs de musique, les smartphones et les ordinateurs. Les élèves collaborent les uns avec les autres, leur apprentissage se fait sous la forme d’une quête, dans laquelle leur professeur fait office de guide. Ils apprennent à chercher les informations et développent de précieuses ressources.

Ces modèles favorisent l’apprentissage par l’action et mobilisent la créativité et l’activité sensorielle. Extrêmement bénéfiques à tous les niveaux, ces types de pédagogie doivent également s’adapter pour répondre aux besoins des adolescents et des jeunes adultes dans leurs études secondaires et supérieures.

Transformer la salle de classe à l’heure du numérique

Et pour les plus âgés, le numérique pour maintenir l’attention et tester les connaissances

Le secondaire et le supérieur obéissent à des enjeux différents. Si le format de la classe magistrale a déjà beaucoup été remis en question par les universités, les collèges et lycées sont encore de mauvais élèves. Seules quelques matières, comme les cours de langue ou la physique, ont brisé le schéma traditionnel des classes.

C’est ici que le numérique entre en scène : tableaux interactifs en classe, tablettes tactiles, classes inversées avec des « capsules » pour apprendre à la maison… Le numérique aide les élèves à optimiser leur travail et permet de tester leurs connaissances grâce à des QCM en ligne, de plus en plus populaires.

Quelle différence y-a-t-il entre ces QCM et des annales corrigées ? Eh bien, ce sont des QCM que les élèves construisent eux-mêmes, en classe. Ils déterminent ensemble leurs difficultés et demandent à travailler sur ces points précis. L’objectif est de les engager dans leur propre apprentissage et, encore une fois, de favoriser le travail collectif.

A l’université, ces tests interactifs sont même utilisés pendant les cours. Les supports varient en fonction des établissements, mais le principe reste le même : pendant le cours, des questions s’affichent sur un tableau interactif. Ces questions sont relatives au cours que les étudiants viennent de recevoir. Elles sont une manière idéale de tester, en temps réel, l’attention des étudiants ainsi que leur compréhension des notions abordées. Ces tests interactifs vont rendre obsolète la célèbre question « est-ce que tout le monde a bien compris ? » !

Enfin, les serious games, ou jeux sérieux en français, sont l’avenir de l’alliance entre numérique et éducation. Sous des ressorts ludiques, sous forme de jeux interactifs, voire de jeux vidéo, les étudiants doivent résoudre de véritables problèmes sur une thématique choisie par leur professeur.

A l’heure des jeux vidéo et des écrans sous toutes leurs formes, ces serious games permettent de mobiliser pour l’enseignement les nouvelles compétences développées grâce au numérique récréatif. Formés à réfléchir à des sujets sérieux de manière ludique, la vision du monde de ces jeunes et leur manière de régler les problèmes aura une influence décisive sur l’avenir des sociétés dans lesquelles ils grandissent.

En conclusion, les acteurs de l’enseignement doivent relever des défis de taille à l’ère de l’éducation 3.0. Heureusement, ils mobilisent créativité et capacité d’adaptation pour mettre à leur service des outils numériques, si présents dans le développement de leurs élèves. Si un long chemin reste encore à parcourir pour proposer des cours intégrant pleinement les nouvelles technologies, les transformations de la salle de classe sont d’excellente augure pour le futur de l’enseignement scolaire.