Publié par Laisser un commentaire

Les français jugent les distributeurs en retard dans la digitalisation

Borne tactile choix menu pizzeria

En 2016, 70% des entreprises françaises affirmaient vouloir opter pour la transformation digitale. Néanmoins, seulement un tiers de celles-ci avaient réellement un budget dressé pour l’occasion, et s’engageaient réellement dans la digitalisation. Le constat est sans appel : les distributeurs français sont en retard en termes de transformation digitale.

Un très large retard

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, les français sont en retard dans la digitalisation, que ce soit en amont, ou dans la pratique.

Il existe avant tout un problème dans la culture d’entreprise, avant même de commencer à penser aux outils à utiliser, ou à mettre en place un budget. En théorie, les entreprises sont toutes pour le digital : 96% d’entre elles voient le digital comme “une nouvelle culture”, ainsi qu’une modification des pratiques sociales. Mais la grande majorité des entreprises fonctionnent encore dans une optique plus ou moins désuète : il est très courant, par exemple d’interdire la connexion aux réseaux sociaux sur le lieu de travail, lorsque ceux-ci représentent un canal privilégié de communication avec la clientèle.

L’autre lacune des entreprises quand il s’agit de digitalisation, c’est le clair manque de formation. En 2015, 42% des entreprises françaises déclaraient avoir du mal à recruter du personnel spécialisé dans le milieu digital, et selon la Dares, près de 50 000 postes seraient actuellement vacants à cause d’un manque de compétences.

Enfin, il est nécessaire de souligner que, dans ce très grand retard qu’ont pris les entreprises françaises, ce sont les PME qui se révèlent les grandes perdantes. Par exemple, en 2015, seulement 60 milliards d’euros, soit 3% du chiffre d’affaires total des PME françaises, venaient de commandes en ligne. En Europe, la moyenne est plus haute sur tous les critères, et la France est véritablement à la traîne, et délaisse ses PME.

Une mauvaise compréhension du phénomène

Et ce retard vient largement du fait que les distributeurs ne comprennent pas la digitalisation, ils ne savent pas comment la mettre en place, ni comment l’organiser et, de ce fait, ont peur de se lancer.

Le ROI, qui permet de connaître l’utilité d’une dépense, est très important pour une entreprise. Il permet de comprendre quels outils fonctionnent, quelles stratégies doivent être prolongées. Et pourtant, seulement un tiers des entreprises françaises ayant entamé leur digitalisation savent mesurer le ROI de leurs outils digitaux. Les deux tiers restants sont incapables de chiffrer l’utilité de leurs dépenses. Il y a un grand écart entre la volonté de bien faire, la prise de conscience qu’il faut effectivement ne pas s’y prendre n’importe comment, et les réalités de la digitalisation.

91% des entreprises françaises déclarent que le digital est essentiel pour leur développement, mais un tiers d’entre elles n’a toujours pas identifié la manière pour mettre en place la digitalisation. C’est paradoxal et révélateur : les entreprises conçoivent que le digital est bon pour elles, en revanche il leur est difficile de comprendre comment et pourquoi. Il en ressort que la digitalisation ne serait pas naturelle, mais serait véritablement un processus imposé par l’économie et la société.

Les distributeurs ont du retard… mais ils se lancent

Néanmoins, et malgré un large retard, les distributeurs essaient de rattraper le train en marche, et se lancent peu à peu, en essayant de comprendre la transformation digitale.

La prise de conscience est en train de se faire concernant l’importance du digital dans les entreprises, quelles qu’elles soient. Le digital est de plus en plus reconnu comme un des leviers de regain économique. Les CEO reconnaissent désormais que la transformation digitale pourrait avoir un impact positif sur leur entreprise.

Et si les distributeurs se lancent, c’est parce que les clients commencent à se lasser du manque de digital dans les endroits où il est largement attendu. Ultra connecté, le client va partout avec son smartphone, mais surtout il fait tout avec : il prépare ses courses, il va faire les boutiques avec cet outil dans la poche, il l’a toujours sur lui, même pour aller à la boulangerie. Et les distributeurs commencent à s’appuyer dessus, à raison, comme un outil de départ dans la digitalisation, par exemple avec le paiement mobile qui se démocratise.

Très en retard et laissant derrière elle les petites et moyennes entreprises, la France a encore du chemin à faire dans la digitalisation. Les distributeurs sont pointés du doigt : les clients sont connectés et n’attendent que ça, et elle ne se produit pas. Ou du moins pas partout et/ou pas de la bonne manière. Encore assez incomprise, la digitalisation doit avant tout être démystifiée, car elle est à la portée de tous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *