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Commerce connecté: l’exemple des boutiques digitalisées d’un pure-player (Spartoo)

Spartoo digitalisation tactile

Le retour en grâce du « brick and mortar »

Alors que beaucoup prédisaient une mort du commerce offline avec le développement incroyable de géants du retail online tels qu’Amazon, de plus en plus d’entreprises semblent adopter la trajectoire inverse. Ainsi, de Google à LDLC en passant par Pixmania, nombreux sont les pure-players à s’essayer à la vente physique, qu’il s’agisse de pop-up stores ou bien de démarches plus long terme.

C’est dans cette logique que Spartoo, le spécialiste européen de la vente de chaussures et d’accessoires en ligne, a décidé de se démarquer de ses concurrents en ouvrant en mars 2015 une boutique à Grenoble, ville de naissance du site. Depuis, 9 autres magasins ont été ouverts dans l’Est de la France avec comme objectif revendiqué par son PDG, Boris Saragaglia, l’ouverture à terme d’une centaine de boutique et ainsi devenir un acteur majeur du commerce de chaussures physiques.

Il s’agit ainsi de considérer le retail online et offline comme deux approches complémentaires, complémentarité qui représente un puissant vecteur de croissance.

Le point de vente offline, vitrine du site

En tant que pure-player, Spartoo a exploité son ADN digital pour proposer des boutiques connectées, combinant expérience d’achat physique et possibilités offertes par le numérique. Ainsi, loin de constituer une concurrence pour le retail online, ces boutiques sont des points d’accès privilégiés vers celui-ci, des points de contact pour les clients. En effet, il leur est possible d’accéder par le biais d’écrans connectés à l’intégralité du catalogue de 3000 marques et 250 000 produits offerts par Spartoo. Cette diversité de références permet un renouvellement mensuel des stocks des boutiques, facilité par un stockage en entrepôt intégralement répertorié par le biais de puces RFID

A l’instar d’un Apple Store, l’expérience d’achat se veut à la convergence du physique et du digital: les vendeurs sont ainsi tous équipés de tablette et la vente se fait par « click and collect » plutôt qu’en caisse. Il s’agit ainsi pour les vendeurs d’être des conseillers privilégiés d’achat, offrant un visage humain et une présence physique au pure player. Dans cette même démarche d’établir des connexions entre les boutiques et le site, tous les produits sont équipés de codes QR qui, une fois scannés, renseignent les clients sur les caractéristiques techniques et les disponibilités de ceux-ci.

Spartoo vitrine digitale

Tirer profit du « phygital »

Ces passerelles entre physique et digital représentent une tendance forte du retail que les marques traditionnellement physiques sont de plus en plus nombreuses à franchir. Ainsi, on a eu l’exemple des centres commerciaux Beaugrenelle et Qwartz en France, intégralement connectés et le géant de la distribution qu’est Carrefour franchit également le pas.

Ce développement s’appuie sur des résultats économiques très encourageants.Ainsi l’ancien PDG de Walmart, précurseur en la matière, a déclaré que cette convergence avait représenté la quasi-totalité de la croissance du marché depuis deux ans. Le commerce connecté permet une meilleure expérience d’achat au client et un meilleur aiguillage dans son choix qui se traduisent naturellement par des retombées économiques. Spartoo a ainsi gagné deux jours de chiffre d’affaire par semaine depuis l’ouverture de ses boutiques et se positionne comme un précurseur en la matière sur le marché européen.

A l’instar de son homologue américain Zappos, la stratégie du pure-player s’avère donc véritablement payante pour l’instant. D’autant plus que la démocratisation des technologies de réalité augmentée et des objets connectés laisse à penser que le phygital est amené à se développer incroyablement dans les années à venir.

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